89 route de Turin, 06300 NICE
18 NOV
2022
au
04 DEC
2022
14h à 19h
L’énoncé d’OVNi – édition 2022 est un imaginaire des possibles des folies comme lieux et comme idées. La proposition « Le monde est tout ce qui est », qui occupe la Grande Halle du 109-Pôle de cultures contemporaines, est un agencement collectif qui s’inscrit dans un rapport critique de l’humain à la Terre et au biologique.
Loin d’un inventaire, les projets artistiques présentés partagent une certaine expérimentation conceptuelle de notre environnement et de sa disposition à assimiler les désordres. Ils formalisent une pensée de la nature ou la dévoration de celle-ci. Ils évoquent les vulnérabilités organiques ou inorganiques, florales, minérales, aquatiques ou aériennes. Ils traduisent également les hypothèses d’un équilibre entre les milieux, les ressources et la présence des vivants.
Philosophes et scientifiques s’accordent sur cette Zone d’Incertitude que nous venons de pénétrer. Ils disent les perturbations issues des interactions de la technosphère sur la biosphère. Ils content les métasystèmes nés des Nouvelles Technologies et leurs formes hybrides. Mais lorsqu’ils racontent que « 90 % de la biodiversité végétale a pu opérer la plus grande conquête de l’espace terrestre » ils disent aussi du vivant sa capacité de résilience.
2021 - 16'42" - Couleur
La série des « Présages » réunit des paysages aquatiques activés chimiquement dans des béchers ou des aquariums, comme de petits mondes clos et séparés du nôtre. Ils sont composés à partir de minéraux plongés dans une solution aqueuse. Toute une palette de composants est déployée par l’artiste en fonction des couleurs et des formes qu’il souhaite faire apparaître.
2019 (en cours) - Couleur
(…) « Les œuvres de Gillian Brett sont parfois à double fond, et le spectateur naïf peut s’y laisser prendre : voyez les écrans LCD de sa série After Hubble. Avec leur nuit abyssale trouée de lueurs, leurs paillettes argentées, leur poussière de quartz, l’image du cosmos qu’ils nous délivrent semble correspondre à celle qui nous a été donnée par la technologie elle-même, celle des télescopes géants envoyés dans l’espace. Mais dans la mesure où ces écrans ont été savamment brisés, voire brûlés, par l’artiste, le titre de cette série peut aussi s’entendre comme un après-Hubble, l’annonce d’une ère post-technologique où nous pourrions enfin, loin de la pollution lumineuse des métropoles, et sans la médiation des satellites, retrouver la poésie du ciel étoilé. »
Patrick Marcolini, Mars 2022
2022 - 117'59" - Couleur et Noir et Blanc
Le but du projet « The Garden of Divine Songs » est de créer un environnement numérique immersif en installant dans l’espace d’exposition 3 structures spatiales transparentes qui serviront d’écrans pour des images en mouvement.
Le projet travaille avec le concept d’expérience spatiale, le reformatage des relations espace/temps de la vidéo à l’environnement immersif. Les structures spatiales, faites de tubes métal-plastique et de moustiquaires (2-8 kg), façonnent des formes hybrides combinant constellations et fleurs exotiques, OVNI et cactus, qui captent et activent un mécanisme de « transmutations » audio-visuelles.
Il pourrait s’agir d’une recherche visuelle explorant métaphoriquement le dialogue entre les idées philosophiques de Hryhorii Skovoroda du 18e siècle et les idées de « modernité liquide » du philosophe contemporain Zygmunt Bauman dans les limites d’une large gamme d’interrelations. La présentation d’un environnement immersif dans l’espace d’exposition, qui combine l’espace cosmique et l’espace divin, renforce la réflexion sur le transcendantal et l’existence de l’être humain. Dans l’espace immersif, tout apparaît comme un espace-temps métaphysique, dans lequel le divin et le médian, le cosmique et le mystique, le scientifique et l’artistique fusionnent.
2019 - 05'08" - Couleur
Scruter la planète en référençant chacune de ses facettes, c’est chercher à l’épuiser, tout dire d’elle, désenchanter l’idée d’un ailleurs inconnu en la remplaçant par une vision rationnelle et immuable. Google Earth est un projet à la fois infini et imparfait : faire tenir le monde dans un smartphone, ce n’est pas seulement le regarder comme un objet d’étude scientifique, c’est aussi le compacter. L’image est peu précise, les volumes sont altérés, la ville est silencieuse, les voitures statiques, la vie inexistante. « Tenez le monde entier dans vos mains » : un drôle de slogan pour une étrange vision
du monde.
Pourtant, le monde raconté par Google Earth reste intrigant. Les imperfections de ses formes, les défauts de ses textures et la froideur de cette représentation constitue les attributs d’un univers nouveau, hybride, relevant davantage de la fiction algorithmique que de notre réalité tangible. Earthsatz cherche à amplifier la poésie froide et angoissante générée par ce « monde de poche » où les pixels ont remplacé les particules. L’enjeu est de parvenir à contempler cet espace pour qu’il est : un univers fictif singeant le nôtre tout en développant sa propre autonomie, sa propre logique, sa propre physique. En scannant à notre tour une partie du monde généré par les scans de Google, nous ajoutons une couche de pertes d’information, une compression plus grande et donc une amplification de ses caractéristiques fantastiques.
Earthsatz propose alors une balade dans ce troisième monde dont les aspects fictionnels, artificiels et irrationnels sont célébrés au travers d’une mise en lumière de ses aberration et d’une dégradation progressive de ses formes. Ces paysages tourmentés se prolongent dans des sonorités sombres et pesantes, bande son d’un univers synthétique en décomposition, rugissements d’une mise en équation planétaire.
Dylan Cote : Site internet | Instagram | Facebook
Pierre Lafanechere : Site internet | Instagram | Facebook
Oye Label : Site internet | Instagram | Facebook
2019 - 06'00" - Couleur
Une silhouette s’est échouée parmi les ruines à moitié submergées d’un “Dome Home” futuriste situé au large de la côte ouest de la Floride aux États-Unis. Hantée par les souvenirs de l’ancienne habitation, la silhouette semble être capturée dans un étrange rêve – le souvenir d’un futur qui n’a jamais eu lieu. Dans ce rêve le monde a subi un “sea-change”, les eaux ont repris ce qui leur appartenait.
Fait partie d’un ensemble de travaux réalisés avec le soutien de ARTSail Residency & The ArtCenter/South Florida, Miami, Floride.
2022 - 08'00" - Couleur
Une forêt transgénique est exploitée par une usine ultra-technologique depuis des centaines d’années. Elle a été créée artificiellement et est contrainte de produire des objets du quotidien. La forêt se révolte. L’affrontement concerne deux entités distinctes : l’usine et la forêt.
« The Origin Of Things »
2021 - 26'00" - Couleur
Galerie de monstres, parades musicales, abîmes d’un espace-temps mystifié, grand cirque convulsé des saisons, cette exploration filmique nous plonge dans un monde très éloigné, où la mythologie basque s’immisce dans des paysages intemporels, où les coutumes et croyances convergent vers un rituel carnavalesque, symbole du cycle du temps.
Avec le soutien Région Nouvelle-Aquitaine
Lauréat du Nouvelle Aquitaine Film Workout du Fifib.
2021 - 04'13" - Couleur
La vidéo « Mnemonics of Shape and Reason » (2021) de Hopinka traverse la mémoire d’un lieu et d’un espace visités par l’artiste. Employant une syntaxe originale de narration, l’artiste entrelace des paysages épars et réassemblés avec des couches de sons capturés, de textes poétiques et de musique. Récit rythmé des implications spirituelles du pillage colonial, les réflexions fluides de Hopinka transmutent les idées de malléabilité spirituelle liées à la terre, au ciel, à la mer, au mythe, au lieu et à la personne.
2020 - 10'00" - Couleur
« The Ruins » est une animation audiovisuelle dans laquelle le spectateur est pris au piège dans un labyrinthe, traversant un univers de jeu claustrophobique dans lequel la musique, composée par Edmund Campion avec des voix et des paroles de Hart, se complètent. « The Ruins » est un memento mori, qui crée un espace de contemplation réfléchissant aux canons d’une civilisation occidentale patriarcale : un monde rempli de peintures de natures mortes et dont les paroles sont des manifestes d’utopies politiques ratées.
Pour cette œuvre, Hart a produit des modèles à très faible polygone – des copies pauvres ou des « images », pour emprunter un terme popularisé par Hito Steryl. Les modèles imitent des peintures protégées par des droits d’auteur de Matisse et Picasso, peintres canoniques dont les carrières marquent le début du modernisme.
La musique de « The Ruins », composée par Edmund Campion, est tout aussi importante. Campion est un compositeur célèbre et le directeur du CNMAT, le Center for New Music and Audio Technology, à l’université de Californie à Berkeley. Campion a créé une musique et une programmation logicielle personnalisée spécialement pour « The Ruins », notamment un moteur sonore algorithmique. Pour cette œuvre, Hart a lu quatre textes exprimant les idéologies de quatre utopies ratées : Thomas Jefferson sur la liberté américaine, le manifeste du Bauhaus de Walter Gropius, Fordlandia – la plantation de caoutchouc suburbaine ratée d’Henry Ford dans la forêt amazonienne – et le sermon de Jim Jones, la « Porte ouverte ». Campion a traité et mixé chacune des performances vocales de Hart, les utilisant comme des instruments dans une pièce qui est à la fois une installation audio indépendante et la bande sonore de l’animation.
2018 - 13'40" - Noir et Blanc
« Tropics » dessine une orbite autour d’une exploitation agricole mexicaine. Des voix éparses semblent raviver et troubler la mémoire du lieu. En traversant la matière, le film fige le temps, les hommes, et dévoile le spectre d’un paradis perdu.
Avec le soutien de Scam, Brouillon d’un rêve, Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains, The Atelier 105, Lightcone, CNC – Dicréam.
2008 - 07'28" - Couleur
« L’arbre » est un film tourné en super 8. Deux personnages rongent un tronc d’arbre dans les bois. L’un après l’autre ils se passent le tronc puis dans une sorte d’impatience s’attaquent tous deux au tronc en même temps. La qualité du film et le déroulement de cette action forment un étrange objet primitif.
Virginie Yassef : Instagram
Julien Prévieux : Site internet
2022 - Couleur
Cherchant du repos et de la quiétude pour lui-même et pour un enfant, le narrateur se réfugie dans un jardin. La nuit tombe alors qu’ils explorent les différents aspects du lieu et il réfléchit aux émotions, aux sens et aux souvenirs que seul un jardin peut solliciter.
2015-2022 - Couleur
Aucuba Expanded échantillonne l’apparition de marquage organique d’une plante domestique particulière connue sous le nom de laurier japonais (Aucuba Japonica Variegata) ; une variété végétale qui a été produite selon une culture rigoureuse par sélection.
La version synthétisée du motif est générée par un algorithme qui dispose de manière aléatoire les points dorés dans l’espace. Régulation et hasard sont utilisés à parts égales pour recréer ce motif organique naturel.
2014 - 04'16" - Couleur
« Fluss », une douce dérive vers l’inconnu, filmée avec une caméra fixée sur un bateau flottant le long d’une rivière paisible. La nature environnante est sauvage et impénétrable. Tout d’abord, le bruit apaisant de l’eau emmène le spectateur dans l’étendue du cours d’eau, mais bientôt, ce bruit ralentit jusqu’au calme total. À ce stade, l’interaction semble impossible ; le bateau est en route pour son voyage. Le temps dirige l’écoulement de toutes les choses se terminant par une sorte de fin.
J’ai créé un univers avec des couleurs particulières pour extirper le paysage du réel et le transposer dans l’intellect, éventuellement dans le monde spirituel.
2015 - 01'01" - Couleur
La vidéo est un horizon plat de la mer qui bascule de côté en côté, accentuant par ce mouvement la présence horizontale de ce sol stable, sous nos pieds. Le son, réalisé par Aaton Fanyday, est une rumeur spatiale et compressée.
2013 - 08'30" - Couleur
« Dans le téléviseur cosmique, l’énergie provient du vent solaire et sert à accélérer les électrons et les protons dans la magnétosphère. Les particules sont ensuite guidées par le champ magnétique terrestre jusqu’à ce qu’elles se précipitent dans la haute atmosphère et produisent des aurores boréales. Les spécialistes des aurores boréales précisent souvent que cette analogie avec un téléviseur va encore plus loin : la tension d’accélération, autant dans les aurores boréales que dans les téléviseurs, se situe autour de 20 000 volts. »
Agence spatiale canadienne
2022 - 60'00" - Couleur
The Stone Opera est une pièce vidéo d’un genre hybride. L’ensemble est structuré comme un opéra en sept actes. Trois parties sont des récits d’habitants de la ville de Redeyef, qui est située dans le bassin minier tunisien. Les quatre autres parties sont des pièces musicales composées à partir d’enregistrements du paysage sonore de la même ville.