Château de Mouans, 06370 Mouans-Sartoux
19 Nov
2022
au
04 Dec
2022
« L’art concret veut transformer le monde, il veut rendre l’existence plus supportable. Il veut sauver l’homme de la folie la plus dangereuse : la vanité. Il veut simplifier la vie de l’homme. Il veut l’identifier avec la nature… L’art concret est un art élémentaire, naturel, sain, qui fait pousser dans la tête et le cœur les étoiles de la paix, de l’amour et de la poésie.»
– Jean Arp, in préface du catalogue de l’exposition Konkrete Kunst, Bâle, Kunsthalle, 1944.
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Le choix de la vidéo « Der Lauf der Dinge » de Peter Fischli et David Weiss fonctionne comme un processus à partir duquel OVNi et Light Cone ont élaboré la proposition pour l’EAC. Les artistes et les œuvres de « Chemin des Pixels #2 » sont traversés par des enjeux conceptuels propres à l’art concret.
L’art concret rassemble différents champs de production artistique, fonctionne dans un esprit d’économie rationnelle et d’autonomie des œuvres. Celles-ci doivent « être comprises de tous les publics, afin de créer un langage universel, identique à celui de la science ou de la musique », ainsi que l’écrit Serge Lemoine. Le rapport au quotidien, à ce qui fait système et à une lecture objective donc mathématique du réel, nourrit l’élaboration concrète des œuvres présentées ici.
1987 - 30'00" - Couleur
Cette Vidéo s’inscrit dans la série photographique « Equilibres » (A Quiet Afternoon) développée entre 1984-86 née de la fascination des deux artistes pour les états d’effondrement imminent. En 1985, ils ont commencé à mettre en scène une séquence cinématographiques fondée sur la réaction en chaîne sans fin. L’impression de mouvement continu est en réalité une illusion : la vidéo comprend plusieurs plans distincts filmés sur une période de deux ans, les effets sonores ayant été ajouté en postproduction.
Œuvre singulière, ce projet sérieux élaboré sur le principe de causalité s’accompagne d’un jeu burlesque. La succession des états d’équilibre des objets ordinaires et hétéroclites de l’atelier des deux artistes – véritables acteurs du film – produit une dramaturgie spectaculaire et une poésie inattendue. L’événement se joue dans un transfert d’énergie cinétique et une tension quasi hypnotique. C’est un regard sur les choses de la vie qui ne laisse personne indifférent. Leur présence précaire et en équilibre semble toutefois être garantie par le mouvement même. Comme dans leur pratique photographique le mécanisme (celui d’une certaine aliénation) et la culture visuelle populaire sont au cœur de leur démonstration. Ce film est une véritable « leçon » de cinéma, un pavé d’humour dans le champ de l’art.
2009 - 10'00" - Couleur
Botborg est un groupe de performance audiovisuelle international dont le travail se porte sur la création d’expériences intenses de synesthésie de son et de couleur en temps réel. Le Photosonicneurokineasthographe (ou PSNKG) est le nom que Botborg a donné au méta-instrument utilisé pour conduire ses expériences audio et vidéo.
Dans « Connection of the Photosonicneurokinaesthograph » , les opérateurs expérimentés Kushima, Musgrove et Sinclair conduisent le spectateur vers plusieurs extrêmes de l’univers audiovisuel de Botborg. Des textures en flottement incroyablement détaillées mènent à de fortes explosions de blocs de couleurs, synchronisés avec des sons apaisants et instables en parfaite harmonie avec leur concept de signal unique. La dernière partie du film est une construction progressive de lumière blanche palpitante et de lumière stroboscopique colorée jusqu’à un climax violent, qui persiste jusqu’à l’éclatement en un remous de bourdonnements apaisés et de textures aux mouvements lents.
Ce film est déconseillé aux spectateurs enclins à des crises d’épilepsie photosensible.
2008 - 05'38" - Couleur
« aUTOPORTRAIT » est une vidéo dont les caractéristiques sont la transformation d’une forme (image, photographie, d’un portrait ou d’un paysage) en une sculpture sonore en mouvement; mais également de la ré-interprétation de cette image… dans le domaine (temporel) de la vidéo.
Le processus a été de traduire dans un premier temps, une image dans la norme ASCII (American Standard Code for Information Interchange) en une suite de 12369 caractères, dans le but de faire lire dans un deuxième temps, cette ligne de code par un logiciel de synthèse vocal.
La troisième transformation fut le morphing de cette ligne de code entretenu vocalement dans un espace virtuel à l’aide d’un doppler.
La vidéo est un support corrélatif à la musique (12369 caractères) qui s’inscrit en filigrane, dans un développement délibérément non spectaculaire.
2007 - 03'42" - Couleur
Un long plan séquence représente une structure urbaine, doublée avec un effet miroir. Dans cette vidéo, seules les architectures flottantes sont visibles : cela crée un paysage qui semble réel et impossible en même temps.
1998 - 03'31" - Couleur
Une accumulation de 180 perspectives différentes d’un immeuble d’une banque. Chaque perspective équivaut à une image. C’est au départ le chaos puis des systèmes d’organisation visuelle se développent. Le son consiste en une phrase : « Notre pouvoir est sans limite et nos moyens sont inépuisables ». Le montage est un jeu sur la relation entre les mots et les images et produit différents sens en cassant la succession des mots.
2007 - 03'15" - Couleur
Le regard adressé à la caméra témoigne de la conscience qu’il y a, face aux images générées, quelqu’un qui regarde lui aussi. (Siegfried A. Fruhauf)
« Kinan di leid wider bled schaun heid / kinan di leid wider bled schaun. »* C’est un distique répétitif aux allures de mantra qui constitue la trame textuelle de bled, un morceau du groupe Attwenger (…) À partir du portrait d’un homme (le réalisateur lui-même) dont la tête se tourne lentement vers l’observateur, Siegfried A. Fruhauf entreprend toute une série de transformations : dissolution de l’image filmée dans son propre grain, effets numériques de hachures ou d’autoréflexion et, finalement, traitement dans un style qui évoque le dessin et une peinture pâteuse prestement exécutée au couteau. (…) Si elle est déformée de façon appropriée, toute forme de bêtise a elle aussi ses limites. (Christian Höller)
* C’est fou, ce que les gens peuvent avoir l’air con, aujourd’hui / c’est fou, ce que les gens peuvent avoir l’air con.
2017 - 02'00" - Couleur
Média : photographies quotidiennes du soleil réalisées par la Nasa, images (Nasa) d’une explosion coronaire, son optique, enregistrement analogique, montage musical à partir d’un solo de batterie de Ben Riley en 1964.
2009 - 15'00" - Couleur
Une version film de l’installation « While Being Here » fait par Makino Takashi et Ryota Aoyagi. L’émotion que je ressens en entendant la phrase « pendant qu’on est là ». J’ai trouvé beaucoup d’histoires de vie et de mort, qui ressemblaient à la fois à des instants et à l’éternité.
Musique : Colleen.
1983 - 05'47" - Couleur
Un disque bleu sous influence.
Réalisé avec Télidon, système canadien de videotex utilisé dans les années 80. Bien qu’ayant avant tout vocation à véhiculer de l’information textuelle et illustrative, ce système a été utilisé par plusieurs artistes canadiens comme outil de création artistique graphique ou vidéographique. Ces films ont le charme rudimentaire et primitif des débuts de l’ère de l’image numérique.
2020 - 03'35" - Couleur
2017 - 04'42" - Couleur
Des crises d’iris, une source de lumière qui devient incandescente, des couleurs qui changent une par une. Un flou qui tourne et un click, après avoir formé une explosion intense de motifs sauvages qui s’effondrent, et en se contractant encore en ombres distantes au coeur d’une nébuleuse. Une danse algorithmique ; une rayure informe, une blessure, une écorchure d’espace ; un univers barbouillé en toutes dimensions dans un réseau de lignes gravées.
Le film comprend une série de travaux documentant les interactions audio-visuels intentionnées pour être vu dans un espace 3D. Chaque film fait le portrait de la création, de la propagation, et de la destruction d’un cosmos digital séparé où des objets dansent et chantent dans une synesthésie perturbée. Des matériaux furent enregistrés en temps réel.
Note: Il existe une version 3D et 2D de ce film.
Cette vidéo a été faite avec l’aide du Lab Gamerz, Aix-en-Provence, France
2013 - 04'05" - Noir et Blanc
Un film de found footage super 8 fait à l’origine pour être projeté lors d’un événement célébrant le travail de JG Ballard. Plusieurs accidents de voiture, striptease glamour et vintage, et des sons électroniques sont montés ensemble pour former un collage bougeant rapidement.