Après avoir été un des fleurons de l’industrie belge, le site du Grand-Hornu est aujourd’hui l’un des premiers lieux culturels de Belgique consacrés à la création actuelle. Il connaît une nouvelle vie et accueille chaque année un large public international. Depuis 2012, il est classé par l’UNESCO sur la liste du Patrimoine mondial de l’humanité
Vidéo, son, 3'49 min, 2008
Dans la vidéo Saxifraga Umbrosa, le spectateur observe une image retouchée petit à petit sur un écran d’ordinateur. Cette image se compose de jouets d’enfants placés sur les bords d’un bac à sable enneigé et d’un personnage, vraisemblablement l’artiste. À l’aide d’un programme de traitement d’images numériques, les objets sont déplacés, laissant une trace derrière eux. Le personnage, manipulé lui aussi se retrouve au centre du bac à sable où il disparaît définitivement. Les objets reprennent alors leur place, comme si de rien n’était. Comme une ode à la peinture, cette vidéo se veut une allégorie de la figure de l’artiste littéralement absorbé par son œuvre. Le titre (traduit : briseuse de rocher ombragée) renvoie au nom d’une fleur communément appelée.
« Le désespoir du peintre », si complexe et difficile à représenter qu’elle découragea nombre de peintres. Pour Honoré d’O, il s’agit d’évoquer la complexité de notre époque où il n’a jamais été aussi facile de réaliser de « belles » images par le truchement de techniques assistées par ordinateur, mais où la créativité s’uniformise en devenant de plus en plus stéréotypée.
Guidé par la liberté d’action et d’expression, Honoré d’O conçoit des installations comme de véritables terrains de jeu et d’expériences. Une multitude d’objets qu’il glane quotidiennement — cuillères en plastique, planches de bois, tréteaux, tubes, sacs remplis d’eau, etc. — envahissent l’espace d’exposition pour former une sculpture en perpétuelle extension, à jamais inachevée. Ses univers ludiques tissent entre eux des liens renvoyant à des champs poétiques de réflexions où, avec humour, il invite le spectateur à manipuler et à rejoindre une œuvre qui joue avec l’absurde.