Vidéo, 1’ 40 min, 2016
L’Hôtel Angst à Bordighera date de 1886. Ruine d’un autre siècle, il porte une aura sombre à l’image du nom de son fondeur suisse inscrit fièrement sur son fronton : Angst qui signifie peur en allemand et dont la typographie demeure légèrement visible. Agathe Wiesner qui est parvenu à se faufiler dans l’antre de l’hôtel Angst, nous invite à une déambulation particulière dans ce lieu, comme recueillie, avec une projection de petit format, entre la carte postale et la photo de famille. Le trépied utilisé dans le dispositif de l’installation, est également celui qui a servi pour filmer les lieux, relique du tournage. Agathe Wiesner considère ce mode monstration comme très représentatif de sa génération, qui a la possibilité via internet de regarder, sur un même support un film de Charlie Chaplin comme une discussion live d’un internaute lambda.
A propos de l’artiste
Née en 1991 en France, Agathe Wiesner a vécu très tôt entre la France et l’Allemagne.
Diplômée de la Villa Arson en 2016, elle s’intéresse à la place et à l’impact de l’architecture dans son quotidien immédiat et au cinéma, à travers des analyses de films choisis. Ses questionnements se transforment en maquettes ou en constructions de murs dans l’espace, comme la pièce « Célia » réalisée pour l’exposition « Travaux en cours » faite de plaques de plâtres, renfermant un miroir et une photographie. L’artiste modifie alors l’architecture intérieure de la galerie en proposant un dispositif camouflé. Il s’agit pour l’artiste du point de départ d’une recherche toujours en cours sur la question du voyeur, de l’architecture et de la représentation de la femme au cinéma, à travers des dispositifs de perception. Cette recherche a notamment abouti à un mémoire « Motel and Other tales » sur le topos du motel comme lieu de transformation du scénario dans le cinéma. A sa sortie des beaux arts, elle expérimente le cinéma de façon très pragmatique en faisant un stage de costumière avant d’obtenir un atelier à La Station à Nice (2017). En 2018, à Ponte Leccia, lors de l’exposition « Trà e stelle », elle présente « Chez toi ce soir ». Cette pièce exprime la découverte d’un lieu (les Charpentiers de la Corse) où la présence féminine est quasi inexistante et où tout est basé sur la rigueur. Après plusieurs jours d’enquête, elle propose une approche sensualiste du décor qui l’entoure. Depuis le tissu est de plus en plus présent dans sa pratique, comme en 2020 lors d’une résidence à Fugitif à Leipzig, où l’intégralité des propositions de l’artiste est issue du recyclage de vêtements trouvés dans des boutiques de seconde main.
Crédits
Courtesy Agathe Wiesner, vidéo, 1’40″, 2016