Odile, que se passe t-il donc à Nice en Novembre ?
En novembre, Nice devient le théâtre d’un événement qui inonde le territoire d’images et provoque des rencontres artistiques internationales. La ville ralentit, mais les hôtels se réveillent. Les musées et les lieux patrimoniaux deviennent les écrins d’expériences singulières proposées par 120 artistes, artistes de la scène artistique internationale aussi bien que du territoire.
Quelle est la particularité de cette édition 2026 ?
Au 109, anciens abattoirs devenus friche culturelle de la Ville de Nice, OVNi réunit ses résidents pour l’ouverture de la biennale. Filipe Vilas Boas, l’Artiste associé de cette édition, les invite à bord d’une sculpture instable, un espace de discussion et performances qui évoquent les déséquilibres du monde. Ainsi OVNi réunit danseurs, chorégraphes, circaciens, marionnettistes et performeurs pour une expérimentation unique de Re:public. C’est une séquence unique qui se dessine pour OVNi, un espace temps qui peut réunir tous les résidents autour d’une oeuvre et permettre la réalisation d’images étonnantes sur cette structure fédératrice et génératrice d’expériences multiples.
Et dans la Grande Halle du 109-Pôle de Cultures contemporaines, quel sera le format cette année ?
Dans la grande halle, c’est une exposition collective monumentale dans la lignée de ce que Nathalie Amae avait conçu en 2022 et 2023 qui déploie l’image en mouvement sous des formes multiples, immersives et sensibles. Le festival y affirme une vision manifeste de ce que peut être l’art vidéo aujourd’hui. De chaque côté, on retrouvera comme chaque année depuis 11 ans, les expositions associées des partenaires historiques d’OVNi: Le Hublot, Le Forum de l’Urbanisme et architecture et La Station.
Comment OVNi s’étend t-il dans la ville et le département ?
OVNi se déploie à travers les lieux d’art contemporain et de patrimoine, de l’Espace de l’Art Concret à Mouans-Sartoux à la Villa Ephrussi de Rothschild à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Villas, musées, espaces de mémoire et lieux inattendus composent une constellation où l’on déambule d’une atmosphère à une autre, d’une intensité lumineuse à une œuvre plus discrète. De la grotte du Lazaret au Musée des Archives, chaque lieu transforme notre rapport à l’image. Rencontres et performances ponctuent le festival, notamment à la Villa Arson, au Musée des Beaux arts, au Musée Chagall et au Centre Culturel de la Providence, ex-Chapelle désacralisée. De nouveaux partenariats se tissent cette année avec le Château de la Napoule et la Villa Kerylos.
Quelle est l’expérience la plus forte du visiteur pour OVNi ?
Chaque année, l’art vidéo quitte les écrans sages et les white cubes pour s’infiltrer là où on ne l’attend pas. En clôture du festival, 6 hôtels du carré d’or ouvrent leurs portes et deviennent des espaces d’exposition temporaires. Les chambres accueillent des installations conçues par des artistes internationaux aux côtés de scènes émergentes du territoire. Le visiteur n’observe plus simplement l’œuvre: il l’habite, la traverse, s’y perd parfois. On entre dans une chambre comme dans une pensée.
Propos recueillis par Sophie Dloussky
Février 2026