89 route de Turin, 06300 NICE
19 NOV
2021
au
05 DEC
2021
La terre, l’eau et le feu sont les composants principaux de cette exposition. Ici, les Hommes se mêlent aux éléments dans un dessein expérimental. Les perceptions sont troublées, les lignes droites sont fondues tandis que seul l’instinct permet de recréer des repères. Ces artistes nous proposent ainsi un changement de paradigme: laisser voyager les sens, atteindre dans la contemplation un état hypnotique à la frontière du naturel et du surnaturel.
Ouverture le 19 novembre à 18h
Entrée libre et gratuite
Vidéo, 3,20min, 2015
« La liberté en écorchée » est un manifeste ainsi que mon autoportrait en écorchée. Car pour moi la majorité des artistes sont des écorchées qui sont toujours en difficulté quand il s’agit de créer, de s’arracher ses œuvres et de gérer financièrement leur imaginaire. J’ai crée une vidéo 3D d’ autoportraits en écorchée me représentant sans peau car lorsqu’on ne voit pas la couleur de la peau le racisme ne peut pas avoir lieu, puisqu’on ne voit pas si la peau est noire, blanche, jaune ou rouge… D’autre part, je suis féministe et il était important de créer un autoportrait montrant un corps lourd, épais, mature, solide, différent des stéréotypes squelettiques qu’on nous montre habituellement sur les podiums de mode, comme des modèles auxquels nous devrions ressembler. L’élément de base de ce portrait est une référence aux planches anatomiques mais attirer vers notre époque avec des prothèses verts acides, vers une image cyborg.
Je dois préciser que chacune des prothèses sont des éléments, comme ceux que j’ai sur les tempes, qui font parties de moi où sont des prothèses que j’ai utilisées pendant mes performances. Je fais prendre à cette écorchée au ralenti la position de la statue de liberté car la liberté et les libertés sont absolument indispensables à tout le monde mais surtout aux artistes qui utilisent la représentation du corps car c’est à cet endroit que se manifeste toujours la censure religieuse et/ou politique et si l’on ne peut plus montrer un corps, un corps nu, son sexe, sa sexualité il n’y a plus d’œuvres possibles pour ces artistes.Actuellement Instagram, Facebook nous empêche de montrer un corps nu, un sein de femme nue. Nous sommes dans une époque semblable à celle de la Chapelle Sixtine où l’on reculottait les chefs d ’œuvres de Michel-Ange. Mes premiers contacts avec la culture judéo chrétienne furent en connexion avec mes premières approches artistiques, les images venues de l’histoire de l’art d’où je me suis mise à observer ce qui était dit et montré des femmes à d’autres époques. En même temps, je pouvais observer dans mon époque ce qui était dit des femmes dans la publicité, les journaux et le cinéma et ce, avec des yeux critiques, avec les yeux rebelles de mon adolescence bien décidée à faire de l’art. J’ai pointé comment il a été fait violence aux corps et en particulier au corps des femmes. J’ai alors crée des séries d’œuvres à partir des images représentant vierges, madones et saintes. Ces images de femmes intégrées religieusement et montrées telles des modèles auxquelles je devais coller. Je les ai utilisées avec une distance critique. Tout en les investissant, en les enfilant comme on enfile les doigts dans un gant de marionnette, en leur faisant dire autre chose librement ou en grossissant les traits de leurs dires. En me les appropriant, et en essayant de les décoder, de démonter l’image pour en re-fabriquer une, dans un cadre profane enfin en les utilisant pour ma propre construction intérieure et comme matériau pour construire mes œuvres.Travailler sur le corps et sur son corps, c’est mettre ensemble l’intime et le social. Les luttes féministes ont porté au cœur des problèmes historiques, l’évidence que le corps est politique. Mon travail se fait à partir d’archives de notre patrimoine passant ainsi du religieux au culturel. J’ai toujours construit mes œuvres aux carrefours de deux histoires : mon histoire personnelle, mon roman personnel et une autre histoire, celle de l’art occidental ou non occidental.
2021, Vidéo immersive installation de 13 mètres
Contre-Nature de Jérémy Griffaud présente un paysage forestier imaginaire aux formes hybrides composé d’une succession d’aquarelles numérisées et animées. La faune et la flore arborent des artifices humains liés tantôt à l’apparence – tatouages, cuirs, pendentifs – ou à la guerre – armes, véhicules tactiques – comme pour se préparer à se défendre d’un danger imminent. Ces formes renvoient au lien indissoluble qui les rattache à l’homme et au risque commun auquel ils seront bientôt confrontés.
depuis 2017, 100 min
Tel Sisyphe, l’artiste s’est contraint depuis quatre années à la réalisation d’un travail de recensement colossal de feuilles d’arbres de différentes espèces suivant un protocole précis : chacune est minutieusement séchée, classée, photographiée et répertoriée. Cette base de données alimente régulièrement une IA (Intelligence Artificielle) capable de reconnaître l’individualité de chaque feuille et d’en générer de nouvelles à son tour. Au fur et à mesure que la quantité de données augmente, l’IA crée des formes plus élaborées, jusqu’à donner naissance à des chimères. Cette performance en cours remet au premier plan le travail souterrain de l’homme inhérent au bon fonctionnement de l’IA.
Vidéo en boucle
Vidéo qui rentre dans le cadre du projet « Les feuilles de l’arbre qui n’existe pas » réalisée en collaboration avec le scientifique Romain Trachel.
Installation vidéo et poutre, 2021
» Ce travail concerne les dynamiques de trajectoire auxquelles nous sommes mêlés. Ces dernières renvoient à des points d’ancrage, comme la construction de soi, les liens intergénérationnels, l’origine de nos choix et actes supposés personnels et objectifs. Or, ce qui résiste, c’est peut-être avant tout un ensemble de contraintes et d’assignations auxquelles nous sommes soumis. Rompre avec ces contraintes nécessite plusieurs actions, la première étant de produire une brisure – au sens littéral comme symbolique – pour pouvoir penser d’autres devenirs possibles. Ce sentier à inventer est encore un sentier en friche. Mais, sentier faisant, s’exprime déjà une force souterraine – violente et latente – qui sous-tend le chemin à parcourir. Comment s’en saisir ? Comment l’exprimer ? Voilà une lutte dont il faut s’emparer. Mettre en forme cette réalité impalpable qui jaillit.
C’est à l’aune de ces questionnements, qu’il est apparu nécessaire d’étudier puis de retranscrire ces phénomènes dans un laboratoire artistique. Cela m’aura demandé trois années pour mener ces recherches, faites d’études, d’expérimentations, de calculs et de tests. Le but poursuivi est de briser trois poutres. Trois poutres qui représentent trois générations. Des poutres en chêne, bien solides,
robustes, faites pour tenir, pour résister, pour ne pas céder. Toutes peintes en rouge sang.
Comment dès lors briser ces poutres, métaphores des nœuds borroméens ? Comment inventer ce chemin qui mène vers la brisure ? Brisure qui reste aléatoire, hypothétique et précaire. Tenter de maîtriser tout ce qui peut l’être pour reproduire cette équation à n inconnues. Pour cela, il a fallu construire une machine à briser. Et calculer la force de flexion jusqu’au point de rupture. Ici, c’est l’action du palan qui enclenche le processus jusqu’à la brisure et permet d’éprouver la force nécessaire pour vaincre la robustesse des poutres. Briser une poutre revient-il à produire de la dissemblance là où tout était ressemblance ? Créer un écart – de génération. En somme, ne faut-il pas créer du discontinu pour ensuite assembler ce qui ne pouvait l’être auparavant ? Quitte à faire usage de toute la force nécessaire. Car l’hypothèse soutenue est la suivante : de la faille peut jaillir une vérité »
Marielle Toulze et Thomas Goux
vidéo, 4min, 2021
Musique de Denis Pitalua & Paul Sany
Image et réalisation Lito (Miguel-Angel Fernandez)
Chambre 109, installation commissariée par Lili-Jeanne Benente et Flux Tendu pour OVNi
Dans le tunnel, les lumières de la route défilent. L’occupant de la chambre 109 devient le passager. Les images se succèdent, presque épileptiques. L’Incendie fend la nuit, teinté de stress . Puis, c’est une forêt sereine qui envahit la pièce comme l’illusion de la naissance du jour. Dans cette chambre, la lumière oscille au rythme de la vidéo et la musique se joint à la décoration pour éclairer l’itinéraire d’un voyage au bord du réel… Entre hypnose et chaos, cette reconstitution voudrait isoler l’hôte d’une nuit, embarqué malgré lui.
Installation vidéo
Cette œuvre est une commande de la biennale de l’image en mouvement Movimenta (commissariat Mathilde Roman) en 2017. Initialement prévue pour l’espace public niçois, dans une scénographie conçue par Marc Barani, elle sera présentée cet automne dans la grande halle du 109.
Le cours du fleuve du Paillon, conduit naturellement au quartier nord de l’Ariane à Nice. L’artiste Halida Boughriet a été invitée à y résider pour produire une œuvre à partir de sa rencontre avec ce territoire. Elle a mis en place un protocole associant mise en scène et immersion documentaire, accompagnée dans sa découverte des lieux par des associations locales et par le regard individuel de six femmes. Elle les a filmées dans des situations communes tout en récoltant des bribes de leurs vies individuelles : des récits, un poème ou un morceau de piano. Dans une approche sensible des abords du Paillon et de l’urbanisme de l’Ariane, la caméra fixe des images trouvées sur le chemin, baignées de la douceur de la lumière d’été, révélant la poésie des lieux mais aussi les multiples fissures sociales qui les traversent. Le rythme lent, parfois même ralenti, chorégraphie les paysages et les corps, transfigure l’urbanisme par des cadrages révélant la dimension cinématographique de ces lieux. Le temps de l’avant et de l’après se relient dans une interrogation poétique et politique des devenirs des banlieues, énoncée ici par ceux qui les habitent. Projetée dans un dispositif hexagonal immersif mais ouvert sur le dehors, l’oeuvre met en résonance différents visages de Nice, accueille l’ailleurs d’un quartier stigmatisé dans le centre ville, invitant à le regarder différemment.
Mathilde Roman – (Docteur en arts et sciences de l’art et critique d’art)
Retrouvez ici le dossier de presse.
vidéo, 1’ 08 min, 2016
“ Quand j’avais 9 ans, lors d’un voyage au camping, j’ai pris un bâton et j’ai commencé à dessiner dans le sable. J’y ai passé des heures. Les mouvements délibérés, la répétition des formes et la sensation du sable avaient quelque chose de méditatif. Depuis lors, j’ai essayé de fabriquer des objets dans la nature avec les matières premières que celle-ci me fournit dès que l’occasion se présente. J’ai récemment commencé à expérimenter la mise en mouvement de ces œuvres. L’objectif est de créer des vidéos dans lesquelles les œuvres semblent se créer et s’assembler d’elles-mêmes sans intervention humaine. En utilisant l’animation image par image, je peux apporter de petites modifications à chaque arrangement avant de sortir du champ. Chaque vidéo commence par un concept approximatif de la façon dont les éléments vont bouger, mais le produit final est généralement très différent en raison des variables des conditions météorologiques, des matériaux et des heureux accidents. Le processus prend du temps, mais prendre le temps de créer quelque chose avec les éléments me force à examiner de près et à apprécier les incroyables modèles et systèmes du monde naturel. »