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Programmation OVNi

© Berna Reale, Palomo, 2023
© Berna Reale, Palomo, 2023

OVNi dans la Grande Halle 109

2026

89, route de Turin à Nice

Tant de corps qui poussent en nous - l’exposition centrale de la Biennale OVNi, conçue comme une bifurcation du happening à la danse, est l’une des nuances possibles au titre « Performancia » de cette édition 2026.

 

Depuis les années 1970, la performance et l’art vidéo ont fait du corps un topos – un lieu d’expérimentations politiques, sociales et esthétiques. D’abord conçu comme un geste radical, intime et situé, le corps performé est devenu, avec la vidéo puis les plateformes numériques, un dispositif de mise en scène du soi produisant des formes inédites de médiatisation.
L’exposition propose une traversée historique et critique de ces pratiques, montrant comment les artistes ont anticipé de nouvelles écritures du corps, parfois détournées par les logiques contemporaines et ce qui fait acte dans la représentation performative.

Cette exposition propose un parcours transdisciplinaire et transgénérationnel approchant le corps comme lieu d’expérience, de pensée et d’émancipation. Structurée en épisodes autonomes, elle invite le public à recomposer leur propre lecture : le corps y surgit comme événement, comme vecteur politique et poétique, comme révélateur d’imaginaires pluriels. Entre histoire et contemporanéité, les artistes relèvent les tensions entre expression de soi, mécanisme de contrôle et spectacularisation. 

 

"Tant de corps qui poussent en nous" ouvre des espaces d’exploration critique des identités collectives et des transformations culturelles, comme elles percutent notre rapport à l'image.

 

Nathalie Amae

Commissaire



@Abraham PoinchevalWalk_on_cloud
@Abraham PoinchevalWalk_on_cloud

Abraham Poincheval

Walk on Clouds

Des images vidéo dévoilent en partie cette expédition qui a conduit l’artiste à explorer le ciel à la recherche d’un paysage mouvant, dont les montagnes et les sillons se défont et renaissent à tout instant. Contemplés, cartographiés et interprétés, menaçants ou protecteurs, les nuages sont également convoités à l’heure du réchauffement climatique.

 

A plusieurs centaines de mètres d’altitude, Abraham Poincheval a marché dans un territoire dépourvu de frontières, composé d’eau, de particules terrestres et de poussières célestes.
Le récit de cette déambulation est la première partie d’une odyssée sur la conopée des nuages suggérant d’autres manières d’habiter le monde. 

 

@Simon Faithfull
@Simon Faithfull

Simon Faithfull

Going Nowhere 2

L’art de la marche dans un paysage sous-marin, ou comment aller nulle-part. « Une silhouette vêtue d'un jean et d'une chemise blanche s'éloigne d'un pas résolu de l'objectif, s'avançant d'une démarche laborieuse à travers un paysage de poissons, de roches et de lueurs aquatiques, jusqu'à s'évanouir dans le lointain embrumé. Une suite de plans saisit le voyage de cette figure cheminant dans cet univers parallèle — comment parvient-elle ainsi à marcher à dix mètres sous la surface de la mer, ou vers quelle destination elle se dirige, nul ne le sait, mais elle semble suivre une trajectoire ou un dessein bien précis. » S.F

 

Going Nowhere 2 (2011) de l'artiste britannique Simon Faithfull est une œuvre vidéo singulière et envoûtante d'un peu plus de 5 minutes. Elle s'inscrit dans une trilogie (Going Nowhere 1, 2 et 1.5) où l'artiste utilise son propre corps pour explorer les limites de notre planète, envisagée comme un objet sculptural. Going Nowhere 2 est une œuvre à la fois légère et profondément mélancolique. Par un geste minimaliste d'une grande puissance visuelle, Simon Faithfull réussit à transformer une action impossible en une métaphore universelle sur le temps qui passe, l'inutilité de nos courses modernes et la beauté fragile de notre coexistence, ici en l’occurrence, avec le monde sous-marin.

@Berna Reale
@Berna Reale

Berna Reale

Ginástica da pele

A venir 

@Berna Reale, Palomo
@Berna Reale, Palomo

Berna Reale

Palomo

Figure majeure de l'art de la performance, ses œuvres, marquées par un engagement critique envers les réalités sociales de son pays, sont brutes, percutantes et sans concession. Son expérience d’experte médico-légale, lui confère une proximité avec les réalités du crime, de la violence matérielle et symbolique, et des conflits sociaux.Elle s’intéresse à la condition humaine face à l'inégalité, au capitalisme sauvage, à la brutalité policière et aux crimes de haine, face au silence, à l’'effacement ou l’ignorance. Elle fait de l'expérience du corps féminin celle de la société., faisant usage de son propre corps comme élément esthétique central et instrument de création.

 

Considérée comme l'une des artistes contemporaines les plus importantes du Brésil, et est également experte médico-légale (Centro de Perícias Renato Chaves de l'État du Pará) depuis 2010. 

Elles a a représenté le Brésil à la 56e Biennale de Venise. Elle figure dans les collections du MAM-Sao Paulo, MAM - Rio, MAC-U Sao Paulo, Instituto Itaú Cultural Sao Paulo, Kunsthaus Wiesbaden, UMoCA Salt Lake City, Fondation Gulbenkian. 



@Pablo Lobato
@Pablo Lobato

Pablo Lobato

Corda

A venir

 

@Mohsin Taasha, The reds move
@Mohsin Taasha, The reds move

Mohsin Taasha

Red Moves

The Reds Move est un projet multidisciplinaire qui associe performance en direct, vidéo et peintures dans une exposition cohérente. Vingt-et-un performeurs réaliseront un cortège en plein air, accompagné de projections vidéo provenant de Kaboul, tandis que des peintures sélectionnées offriront un contexte visuel et historique. Cette approche en strates permet au public de suivre l’évolution de la série et de comprendre comment le rouge devient un espace de mémoire, de réflexion et de souvenir collectif. Le projet relie histoires personnelles et collectives tout en démontrant la capacité de la performance à s’adapter à différents contextes géographiques et communautés.

@ Maider Fortune, Licorne
@ Maider Fortune, Licorne

Maïder Fortuné

Licorne

L’existence de la licorne repose sur les écrits d’auteurs antiques (Pline, Aristote…) mais aussi sur des textes sacrés. On l’imagine comme un cheval ou une chèvre blanche pourvue d’une longue corne spiralée au milieu du front. Elle est un symbole de pureté et de chasteté. Des vertus extraordinaires – concentrées dans sa corne – lui sont attribuées. Réduit en poudre et consommé, ce curieux appendice deviendrait un puissant antidote pour purifier les boissons empoisonnées. Les cornes – en réalité des dents de narval, la licorne des mers – étaient convoitées par les collectionneurs de curiosités aux XVIe et XVIIe siècles.

 

Maïder Fortuné propose une vidéo énigmatique montrant une licorne, sur un fond noir. L’image s’anime progressivement tandis qu’une fine pluie de cendre recouvre peu à peu l’animal. Le bruit des gouttes qui tombent et quelques accords au piano, accompagnent cette vision presque hypnotique. Le film donne corps à l’étrange animal auquel cet espace est dédié. Dans la tradition du cabinet de curiosité, il associe curiosités naturelles et représentations artistiques d’hier et d’aujourd’hui.

@ End, Lucien Pelen
@ End, Lucien Pelen

Lucien Pelen

End

Dans End, Lucien Pelen, né à Aubagne en 1978, filme une nature sauvage et grandiose, mais empêche le spectateur de se livrer à une pure contemplation esthétique, en inscrivant dans ce cadre une intervention dont il est le sujet. La nature devient le support pictural d’une action qui mêle l’absurde au poétique : une silhouette s’activant sans relâche au sommet d’une colline. Dans un rapport de force inversé, l’homme n’est pas écrasé par les éléments, mais son action infime, presque imperceptible dans le plan séquence, suffit à perturber l’équilibre de l’immensité.



 

 

@Musa N. Nxumalo, The Young Shall Grow
@Musa N. Nxumalo, The Young Shall Grow

Musa N. Nxumalo

The Young Shall Grow

Dans sa dernière œuvre vidéo, The Young Shall Grow (I), Nxumalo traduit sa recherche photographique dans le langage de l'art vidéo. Cette pièce de huit minutes suit un jeune homme qui rentre chez lui après une nuit de fête à Johannesburg. Entre la pluie douce et l'aube silencieuse, son chemin devient une méditation sur la croissance, la mémoire et la quête d'identité dans une ville oscillant entre splendeur et fragilité.

L'artiste capte l'atmosphère contradictoire de la métropole sud-africaine : des rues encore marquées par les divisions sociales, des murs et des espaces cloisonnés, des centres commerciaux qui symbolisent à la fois la consommation et l'exclusion. Sur ce fond urbain, le jeune homme incarne une génération évoluant entre euphorie et introspection, entre le bruit collectif et la solitude individuelle.

La caméra de Nxumalo opère avec proximité et sensibilité, éclairant les corps, les gestes et les silences d'une lumière qui révèle l'intime au cœur du quotidien. Par ce geste, The Young Shall Grow (I) devient un portrait collectif de la jeunesse sud-africaine contemporaine : un moment de passage entre la nuit et l'aube, entre le désir d'appartenir et la nécessité de se réinventer.

©Caner_Teker_Remedy
©Caner_Teker_Remedy

Caner Teker

Remedy

Avec remedy, Caner Teker transpose la performance killjoy en une rencontre filmique. Au cœur de la boîte noire du théâtre, deux performeur·euse·s évoluent dans l'interstice fragile qui sépare l'affection du conflit. Leur lutte se mue en une chorégraphie du soin, une négociation permanente du toucher et du pouvoir. Au plus près des corps, la caméra capte des gestes qui oscillent entre résistance et tendresse, retraçant la manière dont la chair se fait le script de la perte. Ce qui se déploie alors n'est pas une réconciliation, mais une relation en mouvement, suspendue, mise à nu. remedy prolonge la quête de Teker sur la manifestation du deuil et de l’intime par le geste. L'œuvre nous invite à pressentir comment le conflit peut abriter le lien, et comment l'amour peut subsister au cœur même de la rupture.



@Cao Gumaraes
@Cao Gumaraes

Cao Gumaraes

From the window of my room

A venir

@The game bakers Cairn, jeu video
@The game bakers Cairn, jeu video

The game bakers

Cairn, jeu video

Cairn es tune une proposition déroutante et originale dans le domaine du jeu vidéo. Non seulement par sa couche narrative mais surtout pour la perspective d’une ascension jamais réalisée, celle du Mont Kami (qui en japonais se réfère aux Dieux). Outre les prouesses visuelles cinématographiques la tension de l’art de la grimpe rejoint la mise à l’épreuve du corps comme de l’esprit. L’économie de l’effort doit répondre à la gestion des ressources, dont celles nécessaires à la survivance. De multiples itinéraires sont possibles, gravir la montagne est un défi de poïétique. Inévitablement le Mont analogue de René Daumal surgit, les aventures alpines étant en réalité, parce qu’elles sont une entreprise concrète, une profonde allégorie spirituelle.

Ainsi ce jeu d’escalade et d’introspection signé The Game Bakers (Furi, Haven) ne laisse pas insensible. Le personnage  d’Aava à pour point de mire l’ascension du Mont Kami. Elle va y découvrir la loi de la montagne et y découvrir bien plus sur elle et autrui. L’escalade au cœur du jeu est intuitive : placement des piolets, du corps, des membres là cela s’annonce le plus aisé, vous êtes en évolution libre, vous installez le bivouac, vous explorer la montagne et en apprenez sur les lieux comme ses habitants. Vous accédez aux expériences des expéditions précédentes. C’est un jeu sur le sens de la vie dans l’environnement qui est le nôtre.



@Fu LE
@Fu LE

Fu LE

Nouage

Chorégraphe et réalisateur français, Fu Le dirige la compagnie Tetrapod. Issu de la danse contemporaine et de la sculpture, il initie son travail audiovisuel par besoin d'archiver ses performances nomades. Aujourd'hui reconnu sur la scène internationale du screendance, il signe de nombreuses œuvres hybridant mouvement, corps et cinéma, récompensées dans divers festivals spécialisés. Fu Le envisage le film comme un partenaire chorégraphique à part entière. Dans son travail, la caméra devient un corps en mouvement dont les cadrages et la mobilité dictent le rythme de l’œuvre. il privilégie les prises longues et immersives pour capturer l'énergie brute et le vertige du direct. Il explore, libéré des contraintes de la scène, l’intimité des sensations corporelles en jouant avec les échelles de plan, avec l’environnement comme matière plastique et les interactions entre l'espace réel. À la croisée de la vidéodanse et de la performance engagée, sa démarche met en scène le corps aux prises avec les enjeux sociétaux actuels.

 

Fu Le envisage le film comme un partenaire chorégraphique à part entière. Dans son travail, la caméra devient un corps en mouvement dont les cadrages et la mobilité dictent le rythme de l’œuvre. il privilégie les prises longues et immersives pour capturer l'énergie brute et le vertige du direct. Il explore, libéré des contraintes de la scène, l’intimité des sensations corporelles en jouant avec les échelles de plan, avec l’environnement comme matière plastique et les interactions entre l'espace réel. À la croisée de la vidéodanse et de la performance engagée, sa démarche met en scène le corps aux prises avec les enjeux sociétaux actuels.

@VIMALA PONS
@VIMALA PONS

Vimala Pons

I promise I’ll come and rescue You

« I promise I’ll come and rescue You » film, 42’, couleur, 2025

 

Avec I promise I’ll come and rescue You, Vimala Pons poursuit une recherche au long cours fondée sur le détournement des formes et des objets qui peuplent notre quotidien. À l’origine conçue comme une installation avant d’être réagencée pour le cinéma, cette œuvre vidéo s’appuie sur 40 fragments issus de banques d’images — ces « vitraux en 4K », lisses et standardisés, devenus les mythologies ordinaires de notre époque.

À travers un minutieux travail d’observation, de répétition et de post-synchronisation mené avec Loup Gangloff, l’artiste vient désillustrer ces représentations génériques. En guettant le détail secondaire, le geste involontaire ou la faille au sein de ces boucles visuelles, Vimala Pons prête sa voix à un ensemble de monologues intérieurs. Pensées parasites, mantras et tentatives de consolation s’y télescopent, transformant des scènes de consommation banales en un paysage mental polyphonique, où affleurent les névroses et l'aliénation d’une forme de capitalisme tardif, en déclin.

Le titre pose la promesse comme un acte d’amour et une ligne de conduite poétique : un engagement impossible mais fondamental, visant à protéger l'autre de soi-même. Il ne s'agit pas d'ajouter de nouvelles images à un monde saturé, mais de regarder autrement celles qui existent déjà jusqu'à y réinjecter du mystère et de la vie intérieure. Entre contemplation hypnotique et enquête critique, I promise I’ll come and rescue You nous invite à traverser ces décalages et à habiter l'espace trouble qui sépare ce que l'on voit de ce que l'on pense.

 

Scénario  :  Vimala Pons

Image  : Vimala Pons

Montage  : Vimala Pons et Loup Gangloff

Son  :  Lou Gangloff / DMRA

Composition musicale originale : Loup Gangloff / DMRA

Production  :  Anne Barrault (galerie anne barrault)