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Amis d’OVNi

Diaporama Dansé, 2024 © Cécile Bart.png
Diaporama Dansé, 2024 © Cécile Bart.png

Amis d'OVNi

2026

Les Amis d'OVNi réunissent des artistes invités et des institutions partenaires, festivals, centres d'art et musées, autour d'un parcours présenté dans les chambres de l'Hôtel WindsoR. Il se déploie en deux volets complémentaires : le premier (A) rassemble des artistes invités dans le cadre d'un commissariat assuré par OVNi ; le second (B) donne carte blanche à plusieurs partenaires d'OVNi, chacun présentant un artiste selon sa propre vision curatoriale.

Pour OVNi, travailler en cohésion avec différentes institutions permet un échange artistique vertueux, contribuant à faire connaître un plus grand nombre d'artistes, en croisant les regards curatoriaux et les réseaux de chacune des structures.

A ) Artistes invités et commissariat OVNi

Tania Mourad,

Michel Jaffrennou,

Marcel Bataillard,

B ) Commissariats des partenaires d'OVNi

Cristiano Codeço De Amorim (Parcours de l’Art, Avignon),

Younès Ben Slimane(Parcours de l’Art, Avignon),

Christian Vialard (Espace de l'Art Concret (eac.)),

Léa Collet (Nouveau Musée national de Monaco).

 

Tania MOURAUD -
Tania MOURAUD - "Glamouring"

Tania MOURAUD

Glamouring

“Dans Glamouring, je filme la lente transformation d’un homme qui, par le maquillage, devient femme. J’ai voulu montrer ce moment de passage où le visage cesse d’être une identité fixe pour devenir un espace de projection, de fiction et de représentation. Le temps du maquillage agit comme une traversée : couche après couche, les traits disparaissent pour laisser apparaître un autre être.

 

Le son est celui, originel, du kathakali. Les percussions inscrivent la vidéo dans la réalité physique et spirituelle de cette tradition ancestrale. Ce théâtre, où les hommes incarnent aussi des figures féminines, interroge depuis longtemps la construction des rôles et des identités.

 

Aujourd’hui, cette œuvre entre en résonance avec les réflexions contemporaines sur le genre et la fluidité des identités. Sans illustrer un discours théorique, Glamouring montre simplement que le genre peut être perçu comme une construction, un jeu de signes, de gestes et de regards.

Ce qui m’intéresse est cet instant fragile où l’on ne sait plus exactement qui apparaît : l’homme, la femme, l’acteur ou le personnage”. - Tania Mouraud.

©Michel_JAffrenou_les_totologiques
©Michel_JAffrenou_les_totologiques

Michel Jaffrenou (avec Patrick Bousquet)

Videoflash

Les Videoflashs ont été conçus comme de petits intermèdes proposant des combinaisons entre des éléments plastiques, une anecdote à tendance humoristique voire poétique, et un jeu insolite sur l'image télévisuelle.

Le_sens_de_la_marche Marcel Bataillard
Le_sens_de_la_marche Marcel Bataillard

Marcel Bataillard

Le sens de la marche

Comme dans ses autres travaux, Marcel Bataillard continue d’explorer les relations entre texte et image et d’effectuer des allers-retours entre théorie et pratique. Ainsi, le film Le sens de la marche (Catwalk the line) donne littéralement à voir la démarche de l'artiste. 

 

La vidéo montre en effet une succession de déplacements de l’artiste - dont seules les jambes sont visibles, filmées en caméra subjective et au format vertical - sans autre indication géographique et temporelle que ce qui est cadré. C’est donc uniquement en observant les étendues parcourues et les tenues vestimentaires que le spectateur pourra se faire une idée de la saison et de l’endroit auxquels ces images ont été enregistrées. Filmées au téléphone portable, entre 2013 et 2015, ces travellings sont le fruit des déplacements de Marcel Bataillard entre maison et atelier et les « traces » de son activité photographique puisque, pour les séries Au passage et Je suis une légende notamment, la totalité des prises de vues qu’il opère se font au jour le jour et sans aucun repérage ou travail préparatoire.

 

La bande son, hypnotique et lancinante, composée d’un mix de voix et de musiques prélevées sur internet, reprend à son tour le thème de l’artiste au travail. Marcel Bataillard a choisi des extraits de tutoriels vidéos en ligne distillant des conseils à de futurs modèles pour bien défiler et figurer sur le catwalk(1) ou exposant des méthodes aux apprentis musiciens pour apprendre à jouer comme il faut I Walk the Line(2) de Johnny Cash, une chanson conçue pour tailler la route. 

 

Quand Johnny Cash erre sur le podium... ou comment emprunter la voie du succès.

 

(1) Le catwalk est le nom, en anglais, du podium des défilés de mode, que les mannequins parcourent d'un bout à l'autre avant de faire demi-tour et de regagner les coulisses.
(2) I Walk the Line, complainte d'un homme dévoyé qui retrouve le droit chemin par amour, est une des plus célèbres chansons écrites par Johnny Cash.



Cristiano Codeço De Amorim, ONLY FEMS
Cristiano Codeço De Amorim, ONLY FEMS

Cristiano Codeço De Amorim

Only Fems

Parcours de l’Art, Avignon

« Only Fems » explore le désir caché d’hommes hétéros pour des formes de féminité présentes sur les applications de rencontre telles que Grindr. À travers des audios — les voix anonymes des plans c*ls de Cristiano — la vidéo dévoile une attirance fétichisée, honteuse, marquée par le sexisme et la peur.

Entre journal intime, confession audio et contemplation visuelle, « Only Fems » interroge notre rapport au désir, au genre, aux écrans, et à la violence du fantasme lorsqu’il ne laisse aucune place à l’amour.

© Christian Vialard
© Christian Vialard

Christian Vialard

HideBehind

Espace de l'Art Concret (eac.)

HideBehind (installation sonore et visuelle) s'inscrit dans un projet global initié début 2026, qui évoluera en 2027 vers une forme hybride et transmédia: à la fois film, conte fantastique, album, installation et concert live.

 

HideBehind traverse les couches du visible et de l'audible dans la chambre Robert Barry, elle évite la vue d'ensemble pour se révéler par fragments et par glissements dans une temporalité dynamique. Dans l'espace de la chambre, le silence, l'architecture et la lumière méditerranéenne deviennent des composants à part entière d'une composition où le son et l'image dialoguent sans jamais s'illustrer mutuellement.

 

Le projet s'inspire d'une créature du Manuel de zoologie fantastique de Jorge Luis Borges: une créature insaisissable qui se dissimule toujours derrière ce que l'on regarde, fuyant constamment le regard direct.

NMNM x Léa Collet, Jardins Partagés
NMNM x Léa Collet, Jardins Partagés

Léa Collet

Jardins Partagés

Nouveau Musée National de Monaco

Jardins Partagés est une production pour la Biennale de Lyon 2026, en coproduction avec le Nouveau Musée National de Monaco dans le cadre de la résidence en milieu scolaire et résidence de création numérique 2025.

 

Jardins Partagés est un film installé qui naît de la rencontre entre deux jardins méditerranéens, deux archives oubliées, ou plutôt : deux archives qui n'existent pas, et d'une traversée intergénérationnelle : enfants, adolescent.es et personnes âgées réunis autour de ce qui a failli disparaître.

 

À Monaco, des collégien·nes explorent le Jardin Exotique, micros en main, et interrogent les jardiniers sur leur relation intime aux plantes. La caméra suit leurs gestes : une main qui saisit une succulente, un regard qui scrute au microscope une fleur de résine, des corps qui apprennent à bouger comme des cactées. En parallèle, une IA entraînée sur le manuscrit inédit de Gustave Humbert génère de nouvelles espèces hybrides, photographiées comme des spécimens scientifiques avec règle graduée — entre archives botaniques des années 1970 et visions extraterrestres. Des formes qui n'existent pas, mais qui semblent avoir toujours été là.

À Lyon, d'autres générations déambulent dans le Jardin Rosa Mir : enfants, adolescent·es, personnes âgées, touchant les murs de coquillages et de galets, dansant comme des plantes, se penchant ensemble sur les détails de ce jardin construit pierre par pierre par un homme seul. La nuit, des lampes frontales font surgir les matières de l'obscurité. La caméra tourne en photogrammétrie : les corps et les jardins se dissolvent progressivement en nuages de points colorés, en point cloud qui dérive, se déforme, disparaît. Le réel se liquéfie. Ce qui reste, c'est la forme, la mémoire de la forme.

 

Ces deux récits se mêlent progressivement, sans hiérarchie. Les images de Monaco glissent dans celles de Lyon. Les espèces hybrides générées par IA apparaissent comme des visions dans le jardin lyonnais, des plantes fantômes qui poussent entre les coquillages. Les modèles 3D se dissolvent en particules, se recomposent ailleurs, dans un autre jardin, une autre époque.

 

Deux voix traversent le film. La première est celle de Humbert, reconstituée par l'IA à partir de son manuscrit jamais publié, elle commente ce qu'elle voit avec la précision douce d'un botaniste amoureux de ses plantes. La seconde est celle du Jardin Rosa Mir lui-même, entraînée non pas sur des archives qui existent, mais sur ce qui manque : le silence autour de Jules Senis Mir, l'absence de témoignages, les années sans photographies. Une voix faite de lacunes, d'espaces blancs, de ce qui n'a pas été dit. Ces deux voix ne s'adressent pas aux humains, elles se parlent entre elles, comme deux jardins qui auraient enfin trouvé le moyen de communiquer à travers le temps.

 

Le film oscille entre plusieurs régimes d'image : la vidéo DV granuleuse des archives de terrain, la photographie botanique au format moyen avec règle graduée, le point cloud 3D et la photogrammétrie qui se dissolvent, le fond vert où les corps dansent entourés de jardins spéculatifs générés par IA, le microscope qui révèle l'infiniment petit d'une fleur de résine. Ces textures coexistent sans chercher à s'unifier, comme dans un jardin où le minéral et le végétal, l'artificiel et le vivant, s'accumulent sans chercher à se ressembler.

 

Jardins Partagés n'est pas un film sur le passé. C'est une question posée à la nuit : que font les pierres, les coquillages et les plantes quand personne ne regarde ?

 

À la fin, chaque participant dépose sa pièce sur la colonne centrale. La colonne absorbe tout. Elle veille.

 

Monaco / Lyon, 2025-2026