31 Prom. des Anglais, 06000 Nice
27 novembre visite pro.
28 et 29 novembre
A) Prix Cosmopolis
Le Prix Cosmopolis est l’un des temps forts de la Biennale OVNi. Pensé comme un carrefour international, il réunit chaque édition des artistes soutenus par les instituts culturels des ambassades présentes en France sous l’égide du FICEP, ainsi que par des fondations artistiques et centres d’arts internationaux.
Le principe est singulier : chaque institution partenaire accompagne un artiste et lui confie une chambre de l’Hôtel West End, établissement Belle Époque classé aux Monuments historiques, situé en front de mer sur la Promenade des Anglais. L’espace intime de la chambre devient ainsi territoire d’exposition, lieu de scénographie et d’expérience artistique pour le public.
Pour l’édition 2026, les œuvres présentées s’inscrivent dans la thématique centrale « Performancia », explorant la place du corps dans l’image en mouvement, de la vidéo à l’installation immersive. Un jury international composé de sept professionnels désigne un·e lauréat·e, qui reçoit une bourse de 5 000 euros dédiée à un projet de recherche et de création. La remise du Prix Cosmopolis se tient lors de la soirée de clôture de la Biennale, le 28 novembre 2026 à 20h, suivie d’un cocktail dînatoire réunissant l’ensemble des artistes participants.
Tania Mouraud - Présidente du Jury, artiste, Académie des Beaux Arts,
Bjorn Dahlström, directeur Nouveau Musée National de Monaco - NMNM
Emmanuel Guigon, directeur du Musée Picasso de Barcelone.
Anya C.Harrisson, curatrice et critique d'art
Laura Lamonea, directrice artistique video sound art à Milan,
Mathilde Roman, independant curator, enseignante au Pavillon Bosio,
Rosa Tyhurst, curator Gasworks London
Sophie Dupont (Le Bicolore)
Marina Gioti (Centre Culturel Hellénique)
Keiu Maasik (Estonian Centre for Contemporary Art, Ambassade d’Estonie)
M + M (Casino Luxembourg)
Erika Nieva Cunha (Laboratorio Arts Contemporains)
Daniela Pinto (Mazorca Art - Mimono)
Yo-E Ryou (Centre Culturel Coréen)
Anna Senno (Institut Culturel du Mexique en France)
Eglė Šimkus (Institut Culturel Lituanien)
Tanin Torabi (La Villa Arson, ParTAB)
Ugo Woatzi (Centre Wallonie Bruxelles)
Cette question du corps dans l’image en mouvement se prolonge au-delà des chambres de l’hôtel. Avec le FICEP, le regard change d’échelle : de l’espace intime où le corps s’expose, on passe à l’écran, où il se donne à observer. C’est par la vidéo que le Forum des instituts culturels étrangers à Paris s’engage dans cet art vivant qu’est la danse.
B)Le Forum des instituts culturels étrangers à Paris
S’engage, via la vidéo, dans cet art vivant qu’est la danse. La sélection faite par différents commissaires du monde entier aborde le sujet de la lutte permanente de l’être humain. Le spectateur est invité à observer, par le biais d’un écran interposé, l’être humain amené à un constant surpassement. La variété des formats et des esthétiques colle à la puissance du corps humain impliqué dans différentes situations et circonstances : tour à tour pris dans son surgissement, son enfermement, son souvenir, son identité, son passé, sa lutte, son silence, sa réalité, sa rébellion et enfin dans son repos. Chaque film est un univers unique, celui d’un chorégraphe, d’un réalisateur et de danseurs. Ce panorama vidéo-danses crée une possibilité de regarder le monde par le prisme chorégraphique, entremêlant virtuosité et fictions, et une constante curiosité portée à chaque œuvre par l’univers de la DANSE(S).
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BREATHE – est un projet artistique immersif de trois jours imaginé par Sophie Dupont, qui transforme une chambre d’hôtel en un espace intime dédié à la respiration, à la présence et à la connexion humaine. Le projet part d’une idée simple : derrière chaque chambre d’hôtel se trouve une personne, avec ses propres souvenirs, émotions, espoirs et peurs. Même s’ils ne se rencontrent jamais, les clients partagent quelque chose d’invisible et d’universel : ils respirent tous le même air.
Pendant les trois jours de l’exposition, la chambre devient une œuvre à travers la vidéo, le son et des interventions subtiles. Des vidéos au format portrait présentent des personnes d’âges, de cultures et d’horizons différents, simplement en train de respirer. Le rythme et la qualité de chaque respiration évoquent différents états émotionnels, du calme et de la vulnérabilité à l’anxiété, l’épuisement, la joie ou l’immobilité.
Les visiteurs sont invités à entrer dans la chambre et à découvrir ces portraits non pas simplement en tant que spectateurs, mais à travers leur propre présence physique et leurs propres souvenirs. Le son des respirations peut également se prolonger dans les espaces environnants de l’hôtel, créant une connexion discrète entre l’intimité de la chambre et le monde extérieur.
Dans un contexte dominé par le mouvement, les notifications et les sollicitations constantes, BREATHE offre un moment pour ralentir et prendre conscience de quelque chose d’aussi simple et essentiel que la respiration. La chambre d’hôtel devient, pour un temps, un espace de contemplation et une expérience humaine partagée.
Une chambre accueille une rencontre artistique.
Chaque personne porte une histoire différente.
Chaque respiration nous relie.
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As to posterity a été filmé pendant la crise économique grecque (2011-2014), sur trois ans, à différentes saisons et heures de la journée. À la fois science-fiction et mystère archéologique, le film construit une Athènes du futur proche, dépourvue de population et d’activité humaine – une rupture paradoxale mais radicale pour une métropole antique habitée sans interruption depuis cinq millénaires.
Ses habitants ont mystérieusement disparu, laissant derrière eux un espace liminal indescriptible, un site « archéologique » où le béton, le métal et le plastique en décomposition coexistent avec le marbre glorieux d’un passé plus profond. En leur absence, les rues, les bâtiments et les infrastructures subsistent, tandis que la nature reprend lentement mais sûrement le dessus, dissolvant les frontières entre le bâti et l'organique. Ville dont le récit a été suspendu, Athènes devient un espace dans lequel l'absence se réalise à travers les vestiges de ses protagonistes insaisissables : les Athéniens, qui brillent par leur absence.
Bien que tourné des années avant la pandémie, le film a acquis une étrange actualité dans les années qui ont suivi, comme si ses rues vides avaient anticipé un monde dans lequel les villes pourraient soudainement se taire. À une époque où les guerres, les crises et l’accélération des écocides continuent de contraindre les populations à abandonner les espaces qu’elles considèrent comme leur foyer, l’absence devient présence politique, faisant écho aux forces qui déterminent qui peut habiter et qui peut appartenir.
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La présentation réunit une œuvre vidéo projetée sur le mur, Inspect Pink Weapon (2026), une boucle vidéo montrant différentes armes personnalisées et colorées. Ce type de mouvement des mains et d’embellissement de l’apparence des armes est courant dans les jeux de tir contemporains.
Les éléments de l’installation Will I Die a Violent Death? (2026), qui entourent la vidéo et la performance, associent eux aussi du matériel militaire à la couleur rose. Les joueurs masculins de jeux de tir en ligne regardent souvent d’un œil méprisant la personnalisation des personnages et des armes en rose, qu’ils perçoivent comme quelque chose de peu viril. Par défi, j’ai ressenti le besoin de m’entourer de plus en plus de la couleur rose.
La performance Cozy under the Table (2026) se déroulera pendant toute la durée d’ouverture de l’exposition et donnera une présence en temps réel au jeu en ligne dans l’espace d’exposition, tout en introduisant une légère référence à la guerre réelle, puisque se cacher sous une table est souvent mentionné parmi les conseils de sécurité en cas de bombardement.
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The Day of the Mantis réunit pour la première fois trois films : Mad Mieter (2019), Club Bunker (2023) et une nouvelle production inédite, Silent Odd (2026). Pensée comme un environnement cinématographique fragmenté, l’œuvre The Day of the Mantis plonge successivement le visiteur dans trois installations de macro-cinéma stéréoscopique peuplées de protagonistes non humains singuliers — mantes religieuses et phasmes — évoluant au sein d’espaces traditionnellement associés à l’activité humaine. Alliant une imagerie d’un grand réalisme à des atmosphères fantastiques et hallucinatoires, la trilogie confronte le spectateur à des scénarios de catastrophe, d’isolement, de transe et de violence latente.
Chaque film reflète des angoisses contemporaines et des réalités sociales spécifiques : l’isolement de l’individu et la perte d’empathie dans Mad Mieter ; la coexistence précaire entre hédonisme, conflit latent et repli sur soi dans Club Bunker ; et, dans Silent Odd, le fantasme d’évasion consistant à chercher un nouvel habitat au-delà d’une Terre menacée par l’effondrement écologique. S’inspirant du concept de « repositionnement radical du sujet » de la philosophe Rosi Braidotti, la trilogie propose un changement de perspective post-anthropocentrique.
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Ce film interroge un rapport disjoint au temps, où le présent semble traversé à la fois par la mémoire d’insurrections passées et par l’horizon d’un futur à venir. Il articule deux régimes de perception — le conscient et l’inconscient — au cœur d’un dispositif où texte, son et photographie se répondent. Né d’un processus où l'image devance parfois ce qu’elle cherche à révéler, le projet compose avec les accidents, les fragments et la matière : un paysage devient une image, l’image un film, le film une chambre, et la chambre un paysage intérieur.
Le récit suit A., échappée d’un camp de travail, qui cherche refuge dans un bâtiment isolé où elle rencontre une intelligence artificielle humanoïde.
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La lumière n’est pas seulement ce qui permet de voir : elle est un rythme, un métronome biologique qui a ordonné la vie humaine pendant des millénaires. Aujourd’hui, l’écran s’est substitué au soleil, altérant silencieusement nos rythmes circadiens dès le premier geste du matin. Remplacement du soleil explore cette transition de la lumière naturelle vers la lumière artificielle et les désordres intimes qu’elle engendre — entre insomnie, attention fragmentée et corps éteints face à l’écran.
Durant toute la durée de la résidence dans une chambre de l'Hôtel West-End, Daniela Pinto habite un espace obscurci où un eclipse projeté parcourt la pièce, matérialisant des cycles décalés. Entourée de plantes nourries à la lumière artificielle, de lucioles vidéo et d'un soleil en stop-motion diffusé sur téléviseur, l'artiste met son propre corps à l'épreuve de cette déconnexion. Dans un geste performatif à la fois rituel et politique, elle s'expose à la tension entre l’habitat technologique qu'elle a construit et le besoin vital d'ouvrir la fenêtre pour retrouver le soleil réel.
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Quelle mémoire faisons-nous le choix d’oublier, et peut-on appartenir sans langue ? La maison peut-elle être quelque part sans lieu ? Que se passe-t-il lorsque nous réalisons que le rêve de la maison appartient à ceux qui ont cessé de rêver ? Peut-on raviver le rêve ?
Une route reliant le nord et le sud du Mexique traverse la petite ville de Zapotitlán Salinas. Un seul ralentisseur, un tope, oblige tous ceux qui passent à ralentir. De l’aube à la nuit, le même cadre accueille une succession de personnes, de véhicules et de mondes sociaux. Une lettre adressée à la maison traverse le passage du temps. Derrière les collines, le silence interrompt la route. Les terrasses de sel, exploitées depuis avant la Conquête, placent le présent aux côtés d’une continuité bien plus ancienne de travail, de savoir et de relation à la terre. Répétition, interruption et retour structurent la forme de l’œuvre. Ils font entrer dans un même présent différents amours, histoires et temporalités. La relation entre Maître et Beauté traverse la lettre, aux côtés de questions de langue, de mémoire et d’appartenance, alors que le rêve du chez-soi acquiert une réalité à la fois sacrée et politique.
Développé sur plusieurs années, EL TOPE est écrit, filmé et monté par Anna Senno. Cyrus Bayandor a composé la musique et le paysage sonore. Le son forme une trame immersive et délicate à travers les rythmes de la route, de la voix et des intervalles de silence.
Anna Senno est artiste visuelle et cinéaste, travaillant entre la France, le Mexique et la Suède. Cyrus Bayandor est un compositeur et musicien britannique basé à Mexico.
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Trash Talk / Part 01 prend pour point de départ un objet ordinaire, une chemise beige, et l’histoire intime dont elle est dépositaire. Dans la vidéo, le corps de l’artiste agit sur la matière selon une succession de gestes précis : détruire, purifier et reconstruire. À mesure que l’objet se défait et se transforme, une parole émerge, révélant progressivement ce qui se dissimule derrière son apparente banalité. Par la répétition des gestes et la transformation de la matière, la vidéo interroge la manière dont les objets peuvent devenir les dépositaires d’une mémoire. Corps, matière, gestes et parole font ainsi affleurer ce qui a été vécu, tu, puis transformé.
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« Until… » est une vidéo en plan-séquence, réalisée uniquement grâce au passage entre les caméras avant et arrière d’un iPhone, manipulé par les interprètes eux-mêmes. Elle a été tournée à Téhéran, en Iran, pendant le mouvement « Femme, Vie, Liberté » de 2022. La vidéo présente non seulement une chorégraphie pour la caméra d’une grande complexité, imprégnée de l’originalité et de l’urgence de ce qui pouvait être rendu « possible » dans cette situation particulière, mais elle incarne également l’unité, la résilience et la détermination de jeunes artistes répondant avec créativité et courage à une réalité profondément brutale en Iran.
Nous marchons. Nous courons. Nous tombons. Nous serrons dans nos bras ceux que nous aimons, puis nous courons à nouveau. Nous marchons ensemble jusqu’à ce que les murs bougent.
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Alzou est un court-métrage hybride ancré dans une vallée mystique, évoquant la mémoire d’une communauté queer dont les croyances s’articulent autour d’une divinité fluviale fluide. Le film s’ouvre sur les vestiges d’une destruction, où les lieux sacrés sont réduits en cendres. Guidé par un désir de guérison, Alzou* réapparaît. Le personnage traverse le paysage comme un souvenir, initiant un rituel de résurgence. Les fleurs deviennent des élixirs, une danse émerge et le corps entre en transe. La nuit se transforme en un lieu de passage entre la culture du clubbing queer et les mystères dionysiaques, où les identités circulent et de nouveaux récits prennent forme. Progressivement, Alzou devient eau ; la rivière s’éveille et, avec elle, des voix, des présences et des devenirs.
Le film imagine des liens de parenté entre les humains, les éléments naturels et le spirituel, où le queer devient une force de résistance, de régénération et d’alliance. Alzou propose une mythologie queer : un récit spéculatif dans lequel le rituel restaure le lien, où l’intime fusionne avec le collectif, et où l’eau devient un espace de soin, de mémoire et de transformation.
* Alzou tire son nom d'une rivière qui traverse la vallée de Rocamadour, dans le sud-ouest de la France, un lieu où, depuis mon enfance, j'ai pu observer la coexistence de la nature, du mysticisme et des légendes.
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